29. avr., 2021

Fiction - Vendredi, Jour 1

« Personne ne serait blessé care personne n’en saurait jamais rien »

Jessie Burton

 Montréal.

Place Youville.

Dans la mansarde brûlante d’une maison en pierre.

La petite fenêtre – hublot, laisse passer une faible lumière de l’aube. Un été comme nul autre, la chaleur est étouffante, elle transforme nos toits en fours à convection.

Je ne peux pas dormir, j’ai chaud. J’ai chaud à la limite du supportable. Le climat change. À peine quelques années si on arrive à 26° C en été, ont pourraient se considérer chanceux.

Dans ma petite mansarde chouette, ce jour-là, j’ai descendu de mon lit très tôt, chaleur ou prémonition?

Sur le bord de la fenêtre ouverte, le pigeon gris au teinte mauve-verte, arrive comme chaque jour pour me souhaiter « Bon matin! »

Je bois mon café au lait, je fumé ma première cigarette de la journée et j’ouvre ma liseuse. J’aime les livres en papier, mes murs sont tapissés, pourtant la liseuse me donne l’impression de gagner un peu d’espace.

Je viens de commencer : Miniaturiste de Jessie Burton

L’année passée par pur hasard j’ai découvre « Les secrets de ma mère » de même auteur.

Je suis tombé amoureuse de son écriture, de son style, de ses mots, de ses histoires. Après les secrets ça été le tour de « Les filles au lion » et voilà maintenant « Miniaturiste » apparu en français aux Edition Gallimard en 2017.

L’action se passe à Amsterdam en 1686, jeune fille Nella est marié par sa mère a un riche commerçant Johannes Brandt. Elle quitte son village natal pour une ville qu’elle ne connaît pas et qui l’effraye. Miniaturiste est un conte pour les adultes, une histoire qui raconte bien les mœurs du Moyen Age, les coutumes, la suprématie de l’Église, la terreur des représailles.

En 2018 Jessi Burton écrit un autre conte, cette fois si pour les enfants; Douze princesses rebelle.

Donc, je suis dans l’histoire corp et âme, un gorgé de café, un pouffe de fumé, quand quelqu’un frappe à la porte.

Pour arriver à cogner à ma porte, on monte trois étages d’escaliers en colimaçon, étroites et mal éclairés. Je m’approche de la lourde porte en bois et je demande timidement :

-         Qui est là?

Aucune réponse.

L’avantage d’une vieille porte est le gros judas (œil magique) teinté en noir qui nous permet un bon vison caché en arrière des murs.

Je regarde. Rien. Ou il est trop petit ou il est parti. J’ouvre la porte. Par terre un enveloppe orange grand format scellé. Je ne regarde pas en bas des escaliers, je ne lui crie pas après, je rentre chez moi je veux profiter du mystère qui m’est offert. S’il y a un. 😊

Les questions se busculent dans ma tête. Pourquoi j’ai l’impression que les réponses ne vont pas arriver bientôt?

À l’intérieur, un manuscrit, un vrais, écrit à la main avec un stylo plume à l’encre bleue royal. À l’ancienne.

J’oublier vous dire, pour gagner ma vie, je lis. Je suis l’assistante d’une animatrice télé, Mademoiselle K (K de Kimberly). Entre plusieurs tâches plus au moins intéressantes, la plus merveilleuse est la lecture. Je lis les livres pour lesquelles ont doit faire de la publicité, livres qui arrivent au bureau de ma patronne par courrier ou rarement en personne. J’ai fait des résumées, de petites critiques pour qu’en fin d’émission de samedi soir K présentera un discours docte sur chacune d’elles.

Chaque semaine, vendredi, comme aujourd’hui, j’ai une rencontre à quatre : K, son secrétaire particulier Nico et Isabelle la recherchiste. Ont fait le point pour l’émission du lendemain.

L’avantage de ce Job est que je peux lire quand je veux, ou je veux, chez moi, dans un parc, au resto ou au bord du fleuve St-Laurent.

Fini la grosse parenthèse.

Donc, le manuscrit; il a environ 500 pages écrite à la main sur papier vélin, blanc cassé, une calligraphie impeccable, on dirait écrit par un artiste.

Il faut que je parte au bureau. Impossible de commencer à lire même si ma curiosité este monstrueuse. Je tourne un peu les pages … des mots simples comme maison, soleil, arbres côtoie des mot complexe …  Des indices de son auteur?

Aucun. Sur l’enveloppe rien, même pas une sale empreint de doigt. À l’intérieure un titre « Fiction » pas d’auteur sur la première page ni sur la dernière. Intrigant, mais palpitant. 😊 

Enfin ça se passe quelque chose dans ma vie.

Je prends le manuscrit et je le cache dans mon coffre-fort improvisé 😊 Quelques planches de bois enlever sur le planché, laisse découvrir un trou rempli de mes trésors : un stylo plume qui a appartenu à mon père, la première édition d’un roman d’Agatha Christie, quelques bijoux et là, le manuscrit. Celui-là doit attendre mon retour pour déployer sa calligraphie en face de mes yeux, les questions qui vient avec son apparition aussi. Je dois partir au bureau.

Je prends ma douche plus froide que tiède, j’attache mes longs cheveux bouclés dans un chignon fou et rebel. Robe et bottines dans les pieds. Un autre café dans une tasse thermos, le paquet de cigarettes, agenda, portefeuille, le livres que j’ai lus cette semaine et que je dois retourner (propriété de K), tous fourré dans mon sac rouge. La bicyclette sur le dos je descends mes escaliers en colimaçons.

Dehors aucun signe de l’inconnu. Je me demande qui lui a ouvert la porte principale? Elle est verrouillée avec un système sophistiqué contrôlé électroniquement. Si le resto d’à côté été ouvert je pourrais demander Marc, le valet, si n’a pas aperçu l’inconnu. Chic le resto voisin. Service impeccable, bouffe sublime, mais pas de table pour les deux prochaines années. Sauf, … si … tu connais quelqu’un comme ma patronne.

Je cours à travers le centre-ville.

Pendant que je pédale je me demande s’il faut parler à K du manuscrit. Trop tôt! Je n’ai pas des informations, je le pas lus … puis après c’est qui l’auteur?

J’arrive. Le bureau est inondé d’une belle lumière blanche, l’élégance et le style de la décoration est typique à K. Du bon goût.

Isabelle est déjà arrivée. Plus âgé que moi, femme mûre, blonde, froide comme un Iceberg, marié depuis toujours, deux ado insupportables, Isabelle me regarde avec dédain la plus parte du temps. Elle est en train de ranger la maquette de l’émission. Demain en directe du Centre de Science, K va aborder des sujets peu commodes en compagnie de trois invités hétéroclites.

J’ai encore le temps de fumé une et de boire un peu de café. Mes pensés vols vers le manuscrit évidement. Si l’inconnu voulez donner l’enveloppe à l’ancien propriétaire de ma mansarde? Je ne le connais même pas, sont des avocats qui mon vendu le loft sur le toit. Il faut peut-être commencer à fouiner par ici …

K arrive. Élégante, grande, longiligne, cheveux noir corbeau, lunette noir (encore une nuit perdue) elle nous donne un Bonjour du bout de ses lèvres. On s’assoie.

Nico n’est pas arrivé encore.

Isabelle commence la discussion sur le sujet principal qu’on va aborder dans l’émission. Elle est intriguée par le choix de l’un des invités. Un jeune homme itinérant qui gagne sa vie en chantant dans le métro. La cause : l’anniversaire de ses 18 ans à mis fin à son séjour dans l’orphelinat. Quelle bande d’abrutis a pu créer une loi pareille? À 18 ans jeté dehors sans argents, sans travail, sans métier, sans espoir.

Isabelle ne comprend pas la pertinence. J’été surprise de contraire. K l’ignore, elle sent la puissance du sujet quand les deux autres invités sont les deux candidats à la mairie du Montréal. Oui, on est en pleine campagne électorale. L’émission est en directe, donc très sensible pour tous.

J’ai choisi le livre de quelle K va parler vers la fin : Un chat de rues nommé Bob de James Bowen.

C’est ne pas une nouveauté, mais le sujet rentre fluide à la fin de discussions. Le roman raconte la vie de deux inséparables, le chat Bob et son maître James un jeune anglais installer à Londres.

Je suis fière de la diffusion de demain, un tel sujet n’a pas été aborder jusque-là à la télé.

La journée est longue. Deux petites pauses de cigarettes et une demis heure à midi. Nico arrive entre temps, fatigué et de mauvaise humeur.

À 17 heures on a fini, tout est mis au point, il nous reste a soupé. Chaque vendredi, ensemble tous les quatre, dans le resto du choix de notre patronne, on mange un morceau et on boit un verre. Ce soir menu du monde.

Je prends un verre de vin blanc et un plat d’escargot sauce à l’asperge, pain à l’ail.

Une merveille. En fin la pression descend, même Isabelle sourit deux – trois fois. Mes pensées, comme toute la journée, vont vers le manuscrit. On se sépare vers 20 heures, je sotte sur la bicyclette et je pédale en volant vers chez moi quelques rues plus loin.

Arrivé, je me verse un autre verre de vin et je me prépare pour une nuit blanche. Le manuscrit est là entre mes mains, je suis fasciné par ses mots, par la dimension constante et magnifique de ses lettres.

Va suivre … à bientôt …